Partager, c'est se sentir concerner. Soyez social !

Dans un marché de l’emploi toujours plus compétitif et exigeant, nos compétences se dévaluent rapidement. Notre employabilité n’est pas une chose acquise, loin de là. L’un des défis les plus importants des talents que je rencontre au quotidien est de trouver le recul nécessaire pour bien identifier leurs compétences-clefs par rapport à leur emploi actuel, mais également par rapport à leur emploi futur. Une personne occupe son poste en moyenne pour une durée de 4 ans. Il est donc primordial, lorsqu’on accepte une opportunité d’emploi, de réfléchir à ce que le poste apportera comme effet de levier pour notre poste suivant également.

Notre employabilité décline, plusieurs raisons à cela. Souvent parce que nous n’avons pas mis à jour nos compétences en fonction des besoins du marché, ou tout simplement par manque de réactivité face aux nouvelles donnes celui-ci. Les conséquences sont nombreuses. Nous stagnons et passons à coté d’opportunités de progression de carrière et mettons en péril notre emploi. La démotivation et les frustrations nous gagnent, ou encore la résignation face à un travail et des tâches qui ne font plus sens.

La prochaine série d’Insights est consacrée à ces défis spécifiques qui font à la fois partie de votre marketing et de votre positionnement professionnel, pour aujourd’hui et pour demain. Savoir « gérer » ses aptitudes-clefs et son employabilité, et avoir une compréhension de l’évolution du marché du travail, sont des compétences que tout talent aspirant à un réel équilibre et un développement professionnel maîtrisé, devrait apprendre à développer.

Les générations précédentes pouvaient s’appuyer sur leur formation de base, leurs études et l’acquisition de compétences leur assurant une carrière toute tracée. Le contexte économique a évolué, les attentes et les besoins également. Les changements technologiques plus particulièrement impactent notre manière de travailler. Nous allons de plus en plus devoir vivre avec des machines intelligentes toujours plus puissantes qui modifient nos métiers et nos cahiers des charges. Face à ce constat fait de défis et de perspectives, pas d’autre solution que l’anticipation et la pro-activité. Le challenge est alors celui de se réinventer en permanence, de revisiter ses compétences et d’avoir le courage de reconsidérer parfois les choix et les directions choisies. Les conditions assurant la sécurité de l’emploi ne sont plus les mêmes qu’auparavant. Développer une identité professionnelle proactive et valider ses compétences-clés font partie des nouvelles conditions pour s’assurer une carrière stable et maîtrisée. Tout comme pour le marketing de soi, devenez l’entrepreneur de votre carrière et ne vous reposez pas sur vos acquis.

M’inspirant des parcours rencontrés dans mon activité de coach de carrière, j’ai réuni plusieurs cas de figure représentatifs de ces défis dans lesquels vous vous reconnaîtrez peut-être.


  • Le manque de veille de la part des candidats sur l’évolution des compétences qui seront incontournables dans leur propre domaine est malheureusement la norme. Même si leur entreprise n’en a pas besoin sur le moment ou que l’adoption de nouvelles technologies ou de nouveaux standards de qualité, etc., est programmé pour beaucoup plus tard, le manque d’anticipation peut être un frein pour le développement de carrière.

  • La fidélité et la longévité dans une entreprise n’est pas un problème en soit, ceci à condition que l’on veille à évoluer et à développer de nouvelles compétences, à se former au minimum tous les 4 ans. Ceci d’autant plus si l’on devient un « pur produit » de l’entreprise pour laquelle on travaille. Dans ce cas, il est très important de négocier une contrepartie afin de s’assurer soit une évolution dans l’entreprise, soit de se garantir l’acquisition de compétences exportables auprès d’autres entreprises ou industries.

  • La gestion des priorités et la proactivité. Lorsque je demande à mes interlocuteurs pourquoi ils (elles) n’ont pas suivi telle formation ou pourquoi ils (elles) n’ont pas développé telle ou telle compétence, les réponses ne manquent pas. Mon employeur ne me l’a pas proposé, j’ai trop de travail, on est en sous effectif, ce n’est pas la politique de l’entreprise, je n’ai pas de quoi financer une formation ou un coaching, il est difficile d’aménager son temps avec la famille, je n’ai pas osé demander, etc. A ces arguments, je réponds que l’entreprise a ses objectifs et ses priorités, dictées par les besoins du marché. L’employé, quelque soit sa position hiérarchique, doit aussi apprendre à fixer ses propres objectifs et ses priorités par rapport à ce même marché, en accord avec ses motivations, ses aspirations et ses valeurs. A nouveau ceci implique clairvoyance et anticipation, et de se jeter à l’eau !

  • Le coaching ou mentoring. La performance est le maître-mot du marché actuel, si vous pensez échapper à toute forme d’évaluation durant votre carrière, vous vous trompez. Si vous ne décidez pas de démontrer et prouver vos compétences, personne ne le fera à votre place. C’est valable par exemple, pour les personnes ayant acquis une expérience professionnelle au sein de l’entreprise sans pour autant avoir suivi une formation, ou encore pour des personnes ayant développé un savoir-faire spécifique, des pratiques de méthodologie, de standards, de procédures, d’utilisation d’outils, etc., mais qui ne savent pas comment les transformer en opportunités de carrière et comment les « vendre ». La même chose s’applique aux personnes avec un parcours académique face au défi de transférer leur savoir-faire spécifique en compétences exportables dans le marché de l’emploi. C’est le rôle du coaching et du mentoring que de vous accompagner de manière experte dans cette démarche, afin de construire un profil cohérent démontrant votre maîtrise et votre potentiel et, de cibler les éventuelles formations ou validations à entreprendre en adéquation avec vos actuelles et futures compétences-clés. Trouvez quelqu’un qui vous aidera à penser « out of the box » !

  • La peur et sa zone de confort. Souvent les candidats n’ont pas le réflexe de demander de l’aide ou du conseil. Or, croire que l’on peut s’en sortir seul avec la complexité grandissante du marché et le niveau d’exigences sans cesse accru est malheureusement un leurre. Le seul moyen de faire face aux défis que nous rencontrons tous est de communiquer, d’échanger avec les gens, de trouver des experts dans votre domaine, mentors ou collègues, et même des concurrents. Profitez des réseaux professionnels tels que LinkedIn pour apprendre les uns des autres, vous comparer, ou trouver l’inspiration, etc. Apprenez à agir plutôt que réagir. Renseignez-vous, demandez conseil sur les formations continues ou sur les tests de validation de vos compétences. Vous vous rendrez compte que parfois ces démarches ne prennent pas autant de temps et d’énergie que vous l’imaginiez. Présentez votre projet à votre employeur, négociez avec lui un sponsoring ou alors un aménagement dans votre temps de travail.

Enfin, posez vous les questions suivantes : est-ce que ce que je fais aujourd’hui sera valable demain ? Où et comment est-ce que mon poste actuel me positionnera à l’avenir ? Est-ce que mon métier existera encore demain ? Aujourd’hui, le marché a besoin de talents qui ont du potentiel pour relever les défis de demain. Par potentiel, j’entends la capacité à s’adapter et à répondre aux besoins du futur. Dans ce processus dynamique, l’expérience acquise prouve que vous avez été capable d’accomplir vos objectifs par le passé. Cependant, cela ne prouve pas que vous soyez capables de vous attaquez aux défis à venir. En résumé, le développement de carrière n’est plus aujourd’hui garantit par votre expérience, l’ancienneté, votre position hiérarchique ou encore votre sphère d’influence, mais par votre capacité à anticiper l’obsolescence de vos compétences.

Vous aimez ce que vous lisez ? Parlons-en